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16/10/2008

LUC BESSON S'EXPLIQUE CHEZ FOGIEL SUR EUROPE 1

Au micro de Marc-Olivier Fogiel, Luc Besson est revenu ce matin sur Europe 1 sur les incidents survenus dans le quartier des Bosquets, à Montfermeil (93), contrariant le tournage d'une nouvelle production de sa société EuropaCorp.

Fidèle à son tempérament un peu "ours" et à sa façon de s'exprimer franche et sans ambages, le producteur star a livré son sentiment sur l'incendie de dix véhicules appartenant à sa société sur le tournage de From Paris With Love, de Pierre Morel. Un fait divers qui a interrompu le tournage, qui en était à sa cinquième semaine sur quatorze, et privé les riverains de la visite tant attendue de… John Travolta, star du film.

Alors que l'enquête de la Sûreté départementale suit son cours, les habitants de la cité des Bosquets, qui devait servir de décor à plusieurs scènes du film, très attristés par la décision de la production de suspendre le tournage et de le poursuivre ailleurs, ont imploré Luc Besson de leur donner "une seconde chance". Il faut dire que nombre d'entre eux avaient été embauchés par EuropaCorp, en qualité de figurants, vigiles ou encore cantinières. Outre les cinq jours de tournage rémunérés (120 euros par jour), les intéressés déploraient le fait de voir une expérience aussi unique leur passer sous le nez.

"Ca fait deux ans que j'essaye de faire pas mal de choses en banlieue, à ma toute petite échelle, a-t-il rappelé. Il y avait quelques scènes à tourner en banlieue, j'ai dit aux gens qui s'occupent du film : 'allez en priorité sur celles où nous ne sommes jamais allés'. Les équipes travaillent avec les gens de Montfermeil depuis deux mois, c'est des gens formidables, sympathiques, très heureux de nous voir. On a vu tous les gens des barres les uns après les autres, tout se passait très très bien. On doit faire à peu près 200 emplois sur le film, et puis il y a toujours le 201e qui dit 'Et moi, pourquoi j'ai rien ?' On explique qu'on est pas une oeuvre sociale mais une compagnie. On devait prendre 20-30 personnes, disons que dans un quartier normal, on aurait pris deux personnes pour faire la sécurité, là on en est à soixante. On essaye de faire de l'emploi au maximum, mais je ne suis pas l'Etat."

Inquiet pour la sécurité de ses personnels, Luc Besson a invoqué sa responsabilité de chef d'entreprise : "Je suis un chef d'entreprise, il y a 80 techniciens qui travaillent. Je ne peux pas, moi, assurer ces techniciens qu'ils sont en toute sécurité. Imaginez simplement qu'il se passe quelque chose et qu'un technicien se prenne une pierre, le premier qu'on interpelle et qu'on met en prison, c'est le chef d'entreprise. C'est moi. Moi, j'ai pas envie. Donc si la sécurité n'est pas assurée, je repousse ou j'annule le tournage. Pour l'instant, on l'a suspendu."

Mais alors, le tournage à Montfermeil ? "Il faut savoir que ceux qui gardent les voitures connaissent très bien ceux qui ont attaqué la voiture. C'est un petit problème qu'ils ont entre eux, il faut qu'ils le règlent. Si je sens que tout le monde s'est calmé et a compris l'imbécillité du geste, on verra. Mais pour l'instant, je vais attendre des signes forts." La production a bien été forcée de s'adapter : "On a changé le plan de travail, explique-t-il encore. Le film se tourne toujours. John, on l'a que pour une certaine période donc on essaye de l'utiliser au maximum".

Quant aux "intérimaires" de la cité des Bosquets, le producteur a tenu à les rassurer : "J'ai été voir les jeunes, les 60-70 qui travaillent avec nous, dès le matin, à 7 heures, pour leur dire vous serez sur le tournage quoi qu'il arrive, même si le tournage se déplace ; les cinq jours que vous avez vous seront payés, vous aurez en tout cas votre travail sur le film."

Saluant l'enthousiasme des riverains, avec qui les techniciens et lui ont profité d'un grand banquet collégial que "les mamans avaient préparé chez elle", Besson a été moins emballé par les déclarations du maire UMP de Montfermeil, Xavier Lemoine, qui parlait de "coproduction". Un mot qui a déclenché un éloquent "ah bon" de Luc Besson, qui a rappelé qu'une coproduction se paye… à deux.

"Si lui le maire, ça ne lui fait rien, neuf bagnoles qui brûlent, moi j'ai pas l'habitude", lâchait-il d'ailleurs en guise de conclusion.

Retrouvez en vidéo l'intégralité de l'interview de Luc Besson sur Europe 1 en cliquant ici.

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